Circulaire CIV-07-10 : La « question trans’  » …

Comme vous le savez sans doute pour avoir lu ceci, nous autres trans’ vivons sous un régime d’exception qui n’a jamais fait l’objet d’un quelconque débat législatif et dont l’application est sous l’entière dépendance des fantaisies de la DACS, via la Cour de Cassation, elle-même déjà responsable en 1992 d’une condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

La dite Cour de Cass’, comme on l’appelle affectueusement, n’a jamais amorcé le moindre  aggiornamento,  elle s’est contentée, à l’époque, par deux arrêts en session plénière, d’une sorte de service minimum en traînant les pieds, tandis que le législateur, lui, regarde ses chaussures avec une constance sans faille depuis cette époque.

En 2010, un an après publication du Rapport Hammarberg, et 15 jours après celle de la Résolution 1728 du Conseil de l’Europe  qui en a résulté, la DACS se fend d’une circulaire censée « alléger » la « question trans' » ….  à des années-lumière de la dite résolution, et 3 ans plus tard, on est toujours des gros boulets, si l’on en croit Mme TAUBIRA …

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Un Chaton dans les Bras

 C’est un ciel rose ou orangé dans quoi rien sur rien ne repose.

Une petite fille transparente, un chaton dans les bras
contemple les vitraux gothiques de son regard multicolore.

Elle a toute la stature et la finesse requises pour être Dieu
Et pour ce gramme d’enfance éternelle
tranquille
Dieu ronronne

Un livre grimpant (1)

(On dirait que ce serait l’ébauche d’un bouquin …)

CHAPITRE 1

     Maman n’est pas morte. Mais peu s’en faut.

J’avais 3 ou 4 ans quand j’ai cessé de l’appeler ainsi. C’était à la suite de quelque chose d’énorme, comme un chagrin d’amour, sans les filtres et les bons calculs des adultes solidifiés dans leurs fortins, sans les barrières idiotes de la morale et les petites omertas du quotidien que l’âge transforme si simplement en consensuelle lâcheté, enfin bref : en pleine gueule, avec la puissance de réception enfantine, toute neuve, intacte, pourtant si belle et fière dans le matin …

Elle est donc quasi-morte ce jour-là, il me faudrait 50 ans pour retrouver la confiance, et, Dieu, comme je l’ai voulu, comme je me suis bagarrée, pour réparer, pour comprendre, et puis pour préférer ne pas comprendre afin d’accepter, pour accorder le bénéfice du doute, l’excuse de l’ignorance, de cet inévitable défaut de talent qu’ont eu tant de mères à suivre un chemin standard dans lequel elles ne se reconnaissaient pas, ou si peu : même pas par conformisme (le conformisme est encore un choix – qu’elle n’a pas fait) plutôt par loyauté, parce qu’il fallait que ça marche, parce que c’etait comme ça, les années 50 … There Is No Alternative … pour les femmes, ce carcan-là n’a pas grand-chose de moderne, sais-tu ?

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Miniiiiiii-streu !

J’avais écrit (en papier, ce n’était pas un courriel) une longue lettre à Mme TAUBIRA pour lui expliquer mon point de vue sur la situation des trans’ en France. J’ai reçu  en réponse le courrier de la DACS ci-dessous m’expliquant la position actuelle du gouvernement.

/!\ MàJ en fin d’article /!\

Réponse-DACS-An

Je n’avais pas parlé de « transsexuels » mais seulement de « transgenres » … bref, passons, n’écoutant que mon courage, j’ai repris la plume, d’une façon détaillée, histoire d’ouvrir franchement le débat

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La Chorale des Gueuses

Nous vivons une vie d’exil avant qu’enfin,
par une lueur du jour qui perce,
nous soit possible le retour.

Après cette Odyssée, nous voilà enfin au pays
Mais tout a changé, choses, bêtes et gens
Et le reste de nos vies se passe
en reconnaissance de soi-même
le plus étrange et le plus beau de tous les territoires
Vivre ici, mourir ailleurs, c’est la seule question.
Nous ne savons pas faire comme si nous n’étions pas là
Aussi nous trouvons-nous – parfois très longtemps –
comme chassé-es de nous-mêmes
à moins qu’on nous accorde une crécelle
avec toute la morgue ordinaire de la condescendance coloniale :
scientifique
diplômée
puritaine

raciste.

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La Lettre d’Amour

(A l’origine, j’ai publié cette « nouvelle » sur Le(s) Suiveur(s) de Choses, ainsi que sur TXY et ftm-parents-and-co.
Je l’appelle « nouvelle » faute d’un meilleur terme : ce texte n’est NI autobiographique NI fictionnel. Je vous demande de vous contenter de ça …)

Ô mon F !

Mon petit bouton d’amour en papier !!

Je t’ai tant espéré
petit triomphe intime
mon arc-en ciel dans l’eau vive, après toutes ces années de boue
de grisaille, et d’ennui …

Aujourd’hui c’est l’anniversaire, ça fait pile dix ans que tu es là, ah !…

Je me souviens
Je me souviens de tout
Un grand Soleil de Décembre dans Paris …

J’étais arrivée à pied à 10h chez le Pr R. dans le 15ème, un chirurgien de l’hopital *****
mandaté par le tribunal pour m’expertiser. J’étais déjà débarassée du psy et de l’endocrino,
restait le gros morceau, l’expertise physiologique …

« C’est dans la logique de ce qui se fait, m’avait dit l’avocat, il faut comprendre la juge,
ils ne peuvent pas statuer sans preuve.
Mais de toutes façons, vous êtes opérée, ce sera une simple formalité, normalement »

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Le jardin d’une idiote

« La saleté, c’est les autres »

Moi, autre de passage, incognito bien-sûr mais déguisée en moi, je réponds :
« Chacun balaie à midi devant la porte du voisin, et met les cochonneries dans le jardin d’un tiers
Comme ça on s’entend bien,
entre voisins.
Et si le tiers proteste, on se souviendra soudain de son nom
à consonance étrangère »

Alors, ils font la gueule.
Si un ange a le malheur de passer à cet instant là, tous les fusils sont dessus
Alors je ris comme une idiote, pour avoir au moins un statut social, le temps qu’ils se calment.

Je me garde bien de donner des détails :
J’évite, par exemple, de leur dire
que mon jardin n’est pas du coin.

Et pourtant, même loin
il n’est pas servitude, le sentier qui mène d’un jardin
à un jardin

Loin de l’heure …

Loin de l’heure ordinaire des repas
C’est fou ce qui se passe
Quand ne se passe rien
Dans les cuisines

Je crois qu’en toutes les mémoires
De l’occident modeste
Il doit y avoir un table, une toile cirée
Des œillets dans un verre

Et comme c’est l’été
La fenêtre est ouverte
Sur la barque des heures
Glissant dans le soleil

Et moi j’ai tout laissé
Ouvert à tous les vents
La poussière au piano
L’ombre sur ta photo

« Le sujet est lourd …  » (Ben voyons)

 

 (18 Janvier2015 : Je reprends là une publication originale sur TXY sous le pseudo de « Lou »,  datée du  22 Septembre 2013 – Je l’intègre à mes archives avec cette date à titre documentaire : quasi rien n’a bougé depuis, alors, bon …)

Le titre est emprunté à un discours de Mme Christiane Taubira au Sénat, dont la vidéo a disparu, mais dont on trouvera le verbatim ici, chez TXY  (ou sur le site du Sénat ici)

Lettre ouverte à Mesdames Taubira et Vallaud-Belkacem

 

« Le peuple colonisé est idéologiquement présenté comme un peuple arrêté dans son évolution, imperméable à la raison, incapable de diriger ses propres affaires, exigeant la présence permanente d’une direction. » (Franz Fanon)

Mesdames,

L’ensemble des amendements concernant les personnes transgenres dans le projet de loi sur l’égalité Hommes-Femmes vient d’être rejeté au prétexte qu’ils constituaient des cavaliers, donc en bon français des « hors- sujet » au sein de cette future loi.

Je tiens à vous faire part d’un peu plus que de mon indignation : il est donc clair que l’égalité des femmes entre elles (trans’ ou non) ou les hommes entre eux (trans’ ou non) ne fait pas partie du projet, strictement réservé aux personnes non-trans, binairement définies et différenciées par la génétique, et rien d’autre, la chose n’est, hélas, pas le premier scandale auquel nous, transgenres soyons confronté-es.

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