Petit Enfer Portatif

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Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate (Dante)

En tant que simple bibliothècaire de Quartier – donc de deuxième classe – je me contenterai en manière d’enfer, de compiler ici un petit florigège des meilleures saletés émises par les plus éminents représentants de la Faculté  ou quelque autre autorité que ce soit.

Par ailleurs, je compte créer une annexe d’enfer, qui sera dédiée à la SOFECT, qui le vaut bien, tout cela est encore en chantier, patience …)

Evidemment, aucun lien, aucun PDF à télécharger, le moins possible de références ouèbe (*), juste quelques citations sourcées (et un peu ma réponse de bergère, aussi, peux pô m’empêcher)

(*) Sauf amies, cela va de soi, quant aux autres,  je me les garde dans un coin, hein, au cas où …) 

Le minimum, donc, et vous vous débrouillerez avec gougueule, si ça vous excite. Pour ma part, il est des engeances dont la seule pensée de leur faire de la publicité me donne des pustules, voilà le drame …

** **** **

Après glanage sur le net, voici la réecriture (revue et augmentée, quoi) d’un post daté de 2007 que l’on peut retrouver ici .
Comme la base du travail que je voulais faire dans cette rubrique des turpitudes est dedans, je copie-colle ici la question initiale de ce post, avec la deuxième réponse fournie, alors signée « stef trans pd » (y’en a qui cherchent la merde, j’vous jure, enfin, bon)

C’est donc une compil qui, malgré la datation des extraits,  n’a rien perdu de sa fraîcheur moisie, aucun progrès sensible n’étant apparu à ce jour chez les « savants » officiels (ceux qui dictent leur conduite à la DACS  et à la CNAM, disons, pour résumer). Ils ont juste appris depuis une dizaine d’année à éviter en public les mots « délire » et « psychose », mais ne soyons pas dupe : ce n’est pour eux rien d’autre qu’une concession de surface au politiquement correct. Dans les couloirs, la discipline reste de fer ….
J’ai intercalé en bleu italique le strict minimum vital de sous-titrage que m’impose le respect que je nous dois,  petites remises à l’heure de quelques pendules, et menus remontages de bretelles dans la foulée.

***

Avez-vous été victime d’homo/lesbo/transphobie de la part de votre psychiatre/psychanalyste/psych…

stef trans pd :  » Déjà les trans sont psychiatrisés de force afin d’avoir accès a leur transition ( cela va pour ceux/celles qui le désirent des hormones et se termine avec le changement de papiers )
Ce qui est transphobe en soi , psychiatriser de force une partie de la population , certains pays ont même des lois transphobes qui exigent la psychiatrisation et la stérilisation (afin d’octroyer le droit élémentaire d’avoir des papiers conformes a son genre .
Cela contribue totalement a précariser les personnes trans .
[…]
Au niveau de la transphobie des psychiatres je vous donne quelques exemples :
Citations… sans commentaire (sauf les miens, donc, et quelques petits suppléments intercalés ça ou là, pour étoffer … NdlR)

 

Jean-Marc Alby:

« le transsexualisme se situe au carrefour, à la limite de toutes les pathologies » On commence fort, le décor est planté, c’est open bar, tu vas pouvoir TOUT fantasmer, perversions, crimes, châtiments, paraphilie, psychoses, névroses, meurtres, gendarmes, prostitution, mutilations, sida, et-comment-peux-tu-faire-une-chose-pareille-à-ta-mère-tu-devrais-voir- quelqu’un, suicide, honte, horreur, desespoir, drogue, angines, tout, te dis-je, nous sommes au carrefour de toutes les pathologies (et pourquoi pas une « plaque tournante », tant qu’à faire, enfin bref), cité par Chiland, qui a des références.
Galeux, quoi

Jean-Marc Alby, cité par Colette Chiland, Que sais-je ?, éditions PUF, Paris, 2003, p. 68

*

Anatrella, Tony (psychanalyste, prêtre):

« Quand dans une société on ne sait plus représenter une symbolique de la différence des sexes on fabrique une philosophie qui évacue toute différence ».
Cité par Mireille Bonierbale, site de l’Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie (faculté de Médecine de Montpellier)

Et quand dans une société, on ne supporte pas l’émergeance d’une quelconque nouveauté, on voit des dégénérés partout, recette qui a fait ses preuves pour justifier l’élimination de la singularité. Mireille Bonierbale aussi veut nous soigner pour sauver la civilisation, on connaît la chanson, j’y reviendrai …

*

 Bonierbale, Mireille (psychiatre):

« Le diagnostic va donc se poser sur la constance à demander et à souffrir du besoin de changement, c’est pourquoi une période de deux ans d’observation a été fixée. »

Deux ans sans soins, à « souffrir pour vérifier qu’on est sincère borné-e têtu-e incurable », à se déclarer partout, à vivre en travesti obligatoire, à se taper les brimades des flics, des collègues de bureau, de la famille, des voisins, les insultes, même pas de date butoir pour entamer les soins, tout va bien.

Je dis qu’une « maladie grave » qu’on met deux ans à diagnostiquer, par l’obligation d’un « test en vie réelle » sans aucun soin est une invention de pervers sadiques. Un psy qui connaît son métier sait évaluer en une à trois séances la solidité du discours de quelqu’un-e qui sait de quoi il/elle parle.

Et on est pas idiot-es : la démarche psychothérapeutique, (la vraie, donc totalement volontaire), on sait parfaitement la rechercher quand on en a besoin, comme n’importe qui (si ce n’est peut-être qu’à l’inverse de « n’importe qui », nous avons souvent essuyé de parfaits crachats à la figure en guise de proposition psychothérapeutique, alors on se méfie davantage que le quidam innocent, dans l’affaire).

Cette exigence de deux ans d’attente sans rien foutre que regarder l’autre patauger dans sa misère est d’une cruauté parfaitement iatrogène. C’est l’impossible « thérapie de conversion » sans cesse retentée, relookée en « phase éthique d’observation », autant dire ramenée à un test de résistance au refus de soins, voilà.

Mireille Bonierbale, Questions face au transsexualisme, Synapse, 1998
« le transsexualisme est devenu un phénomène médiatique, ce qui pose le problème des « épidémies » de transsexualisme qui suivent les émissions téléviséees abordant ce thème. »

Surtout quand on a des « spécialistes » qui viennent de consacrer 40 ans de leur chère expérience à occulter l’information, à étouffer toutes connaissances, (j’exclus bien entendu du registre des « connaissances » tous les bouquins écrits pour faire partager votre frousse au public, et l’encourager au mépris, ce qui est un peu dégoûtant, comme légitimation, mais demeure l’essentiel de vos oeuvres, bref, tous dialogues, tout dépistage précoce, toute prévention du suicide, toute information, tout travail social, et ce exclusivement pour complaire à la doxa puritaine en vogue en France dans les sphères du pouvoir (L’état, la justice et la médecine, pour résumer).

La TV  fait le boulot de lever les lièvres, (sans parler de cette horreur d’Internet, pfff) et vous OSEZ vous plaindre ?! Pourtant, mazette, on vous a pas si mal nourris, la CNAM et nous, depuis toutes ces années ! …

Mireille Bonierbale, Transsexualisme, ce qu’il faut savoir, A.I.M. 106, 2005 *
* en collaboration avec Nicolas Morel-Journel, Bruno Mazenod, Albert Leriche
À signaler : Mireille Bonierbale est membre de la H.B.I.G.D.A / W.P.A.T.H … Mais dans la dernière version des WPATH Standards de Soins V7-Fr,  elle ne figure pas plus qu’aucun autre membre la Sofect, (en tous cas aucun de ceux qui furent pressentis pour la création (ratée) du DIU Transsexualisme) sauf comme traductrice, 3 ans (!) après publication de l’original. C’est donc probablement elle qui a préféré traduire mot à mot le terme-titre « genre non-conforme » plutôt que le véritable sens « genre atypique », dépourvu à l’origine de toute connotation moralisante comme c’est l’intention appuyée des rédacteurs … )

*

Borstein, Serge (psychiatre):

« Le choix du sexe est, nous le savons, de l’ordre du rêve. Et comment diable le savez-vous ? Manifestement pas par votre expérience, puisque … Que le transsexuel vienne, dans le réel, nous en faire miroiter la possibilité a de quoi provoquer l’angoisse. » … puisque, donc, cette seule idée vous les met à zéro, pauvre homme, c’est bien de VOTRE cauchemar qu’il s’agit, là encore, le fameux contre-transfert, vous savez, Sigmund, toussa … Décidément vous avez l’imagination bien indigente … Notons que la seule idée d’être de l’autre sexe est EN SOI une source de terreur. Comme quoi la barrière binaire, norme et « pilier de la civilisation », c’est bien d’abord la peur de l’autre …

Il s’agit, comme d’habitude, de mettre le lecteur innocent devant l’injonction démagogique de partager votre trouille du « phénomène » de foire : « Même nous, spécialistes, sommes effrayés, pfff, tremblez-donc ! » On retrouve ce modèle à l’identique chez Chiland, Bonierbale, Castel, Cordier, Czermak, Frignet, etc, qui commencent en général à poser que nous sommes des épouvantails, enrobant aussitôt ce crachat de guimauve compassionnelle, minimum syndical de l’éthique, semble-t-il, dont le degré de finesse oscille entre le noyage fourbe de poisson (Bonierbale), l’intransigeance psycho-rigide et bornée (Chiland), les gros sabots (Cordier) ou le mépris ostensible (Czermak singeant servilement Lacan, mais encore plus ordurier – expert auprès des tribunaux, le gars, j’dis ça j’dis rien), feignant le doute pour faire scientifique, comme c’est la mode depuis les années 60/70, ça fait humble, c’est parfait, faudrait pas qu’on oublie de vous admirer un peu, quand même, de faire un métier si difficile avec des gens aussi ingrats …  la science est un sacerdoce ...

Serge Bornstein, Remarques sur le transsexualisme, Journal français de Psychiatrie, n° 5, 1997 *
* en collaboration avec Marcel Czermak & Henri Frignet

*

Bourgeois, Marc-Louis (psychiatre):

« Le transsexualisme est intégré dans les classifications internationales des “ troubles mentaux ” (CIM 10 de l’OMS, et DSM IV TR de l’APA), pathologie qui justifie un protocole psycho-endocrino-chirurgical, pris en charge par la Sécurité Sociale, après accord du médecin conseil national. Le positionnement de cette souffrance psychique avec sa qualification de “ pathologie ” parmi les “ troubles mentaux ” est souvent contesté et mal compris par les intéressés. »

Résumons : « La preuve que c’est une maladie mentale, c’est que c’est classé comme maladie mentale » …

Alors, cadeau, voici ce que VOUS n’avez jamais compris, par pure mauvaise volonté : le problème n’est pas seulement l’inévitable stigmatisation associée à la maladie mentale et dont nous sommes sommé-es de partager les frais, le problème il est dans la diffusion délibérée de fausses nouvelles, Mr Bourgeois, au seul bénéfice de l’assise de votre autorité CONTRE notre conscience à nous. Devoir avaler ça et  fermer sa gueule pour bénéficier de votre mansuétude, c’est vrai, on comprend mal.

Ou trop bien, peut-être : ce n’est certainement pas la Sécu qui se plaindra de votre politique de pénurie de soins (quand il ne s’agit pas de refus de soins  pur et simple … ) elle en est parfaitement complice en refusant systématiquement de rembourser des soins le plus souvent meilleurs, moins chers, à l’étranger. Y a pas de petit profit …

Marc-Louis Bourgeois, Transsexualismes et dysphories de genre. L’approche médico-psychologique in Manuel de parcours Trans (Mutatis Mutandis éditions, 2008)

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Calanca, Aldo (psychiatre):

« Comprendre le malade transsexuel et l’aider dans sa dramatique odyssée. »

Comment veux-tu comprendre quoi ? Si tu demandes à UNE MtF, par exemple, de se considérer comme UN malade mental, pataugeant par défaut dans le drame, ben c’est toi qui n’a rien compris : autant nous demander de nous revendiquer idiot-es. On fera notre Odyssée sans toi et ta compassion de supermarché.

Aldo Calanca, psychiatre, Le transsexuel après le changement : évolution et pronostic, Helvetica chirurgica Acta, 1991

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Castel, Pierre-Henri (psychologue, psychanalyste):

« Traditionnellement, on hésite en psychiatrie à classer le transsexualisme entre une perversion et une psychose.  Ben, nous, traditionnellement, on hésite chez les trans’ à vous classer entre les cons et les salauds, et les traditions, c’est sacré, hein … On sait combien l’étiquetage pathologique de ces phénomènes est délicat : non seulement les transsexuels la récusent, mais dans bien des cas, la quasi normalité dans le comportement, voire les performances remarquables de certains individus, discréditent la stigmatisation médicale. »

On notera avec intérêt un phénomène historique tout à fait identique chez de nombreux Juifs qui se conformaient jadis avec une précision étonnante aux habitudes des vrais Français, au point parfois de fausser  les contrôles d’aryanité. (Le mot « passing » vient de là, tu savais ça, Pierre-Henri ? …)

A part ça, oui, nous entendons bien « discréditer la stigmatisation médicale ». Et donc ?

Pierre-Henri Castel, « Vers midi, le 20 août 1995 » : l’épiphanie transsexuelle de Dee McCloskey, in Savoirs et cliniques n°2 (2003) pp.97-112
« Ce que le transsexualisme a de funeste, dès lors, on le devine. […] Détruisant cette opposition encore plus fondamentale des sexes, le transsexuel s’en prend au principe de l’humanisation comme tel. »

En effet, si « l’humanisation » est ce processus ravageur qui consiste à enfermer de force toute l’espèce dans un tri bestial définitif, antagoniste,  incoutournable,  (la nature qui ne ment pas, hein) justifiant de facto toutes les saloperies sexistes, haïssant/brûlant/conchiant/mutilant/médicamant/ tous les transfuges à l’étiquetage incertain, alors, oui, on s’en prend à ce « principe », et que, comme tel il se casse la gueule relève de la salubrité publique.

Je résume pour les mal-comprenants : c’est l’humanité qui est première, éthiquement fondamentale, la sexuation biologique n’est qu’antérieure dans le temps et non-caractéristique de notre espèce, puisque veaux, vaches et cochons en ont autant. Le sexe est biologique, le genre est humain y compris  dans ses variations  (la psycho-diversité, quoi). Cis ou atypique, peu importe, il s’instaure comme mimétisme préférentiel, dont les sources sont entièrement imbriquées dans la complexité des singularités individuelles,  génétiques, biographiques, socio-culturelles, spirituelles, etc, bref, une complexion, un « terrain », mi-personnel mi-relationnel, si on veut, tout sauf une nosologie, en réalité.

Aussi, mettre sur le dos des trans’ une atteinte à l’humanisation elle-même est bien plus qu’une simple calomnie, c’est précisément un acte de déshumanisation à notre égard, justement, antispirituel, bien dégueulasse et sans excuse.

En posant le « transsexualisme » comme « funeste », vous plantez contre nous les germes d’un appel à peine subliminal au lynchage dont vos dénis tracent la route. Ni plus ni moins.

Pierre-Henri Castel, La métamorphose impensable, Gallimard, Paris, 2003, p. 120

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Chiland, Colette (psychiatre):

« Comment est-il possible que des hommes renoncent à leur statut privilégié de mâles, de viri, pour vouloir être des femmes ? » « Parce que moi, Colette, c’est normal, en tant que vraie femme, je suis résignée par nature à être castrée de naissance, donc inférieure, Freud l’a prouvé, mais eux, qui ont TOUT ?  S’ ils trouvent ça désirable, c’est bien la preuve qu’ils sont fous.« 
Colette Chiland, Changer de sexe, éditions Odile Jacob, Paris, 1997, p. 116

« ces personnes inquiétantes »… (… ayez peur, brrr …)
On trouve ça, aussi, dans le même chédeuvre  :

« Il n’est pas question qu’un transsexuel mâle biologique soit féministe, il ne peut que se conformer de manière caricaturale aux stéréotypes sociaux pour se faire reconnaître comme femme (et vice versa) » Des talons de 12 cm, une jupette ras-la-touffe vert fluo et la bobine maquillée comme une bagnole volée … C’est tout moi, ça :-)

Colette Chiland, Changer de sexe, éditions Odile Jacob, Paris, 1997

Mais la science progresse : ainsi, en 2006 :

« Depuis quelques années, s’est développé un mouvement “ transgenre ” ou “ trans ”’ qui se définit comme n’ayant plus rien à voir avec les transsexuels calmes, bien élevés et cachés, attendant poliment que les juges et les professionnels médicaux libéraux leur donnent le traitement bienfaisant  dont ils avaient besoin pour poursuivre leur vie dans l’ombre  de la société normale . »

C. Chiland, « D’un sexe à l’autre » Pour la science, n°350, décembre 2006.

N’est-ce pas là, de fait, le portrait de ta clientèle favorite, Colette, le malade bien servile et komifo, ah, nostalgie …. Tout fout le camp ….

Tout fout le camp sauf toi, Colette, qui après avoir pourri la vie de nombre de gamins dans tes sales « thérapies de conversion », (combien, au fait, et quand publieras-tu le bilan de tes brillantes expériences ?), t’incrustes, aujourd’hui, comme  présidente  honoraire (sic) de la SOFECT. C’est curieux tout se passe comme si tu mettais un point d’honneur à être aussi têtue que nous. Sauf que là où nous, après des années de recherche, nous avons acquis un véritable savoir sur nous-même, voire une réelle expertise,  tu n’as RIEN appris d’autre que justifier ta pauvre niche mandarinale en nous toisant du haut de ta psychanalyse, cas d’école notoire d’une transition FtF  ratée.

La même écrira au sujet du monde associatif, 5 ans plus tard : « « La solution militante est que les mesures prises pour les minorités deviennent la loi générale. […] songeons aux nazis qui ont réussi à faire adhérer presque tout un peuple à l’idéologie raciste ». Superbe point Godwin, v’là le troll à Colette, son dada, son djihad : la société (cis, hétéro… la vraie normale, quoi ) est VICTIME des affreux trans’ totalitaires …
Ça me rappelle un certain Pierre Desproges : « On ne m’ôtera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. »

Un prété pour un rendu. (Sans rancune, hein, Colette ?)

Un drame semblable étreint de nos jours Christine Boutin, martyr, envahie par les hordes d’homosexuels qui font rien qu’à détruire la civilisation avec leurs abominations. 

Et c’est nous les pervers … (soupir)

« Colette CHILAND, « les mots et les réalités », l’information psychiatrique, volume 87, numéro 4, avril 2011.
pp : 22-24, citée par Arnaud Alessandrin, dont la thèse de socio est ici (2012-PDF-Fr) :-)

*

Cordier, Bernard (psychiatre, Foch Cochin Saint-Louis) (un des Savants de la SOFECT, toujours d’actualité) :

« Une psychothérapie chez les transsexuels primaires (les “ vrais ” transsexuels) ne modifiait pas le problème, disons : VOTRE problème, (=comment empêcher à n’importe quel prix les transitions trans’), certes,  vu que le simple respect humain aurait pu résoudre le NÔTRE (=comment accéder aux soins dont nous avons besoin, puisqu’ils existent), mais hélas, par un  fâcheux hasard, vous n’y avez pas songé) pas plus d’ailleurs que les neuroleptiques, les électrochocs, et même la lobotomie. »(… à n’importe quel prix, hein …)  D’ailleurs on a essayé à fond toutes ces thérapeutiques, et fondé dessus les plus grands espoirs, sur des decennies, et ce fut un echec général et massif, hélas, tellement douloureux pour la science.

J’ai pas bien saisi la différence humaniste avec la médecine soviétique de la dissidence, tu m’expliques ?

(la dite médecine « de l’Est »  fut longtemps une excellente cliente de masses de neuroleptiques (halopéridol en particulier) vendues par la France, m’a expliqué jadis un psychiatre expert en pharmacologie ; le Rideau de Fer n’était pas complètement baissé pour tous les commerces, faut croire …)

Bernard Cordier, Marianne, n° 58, 1er juin 1998

Dans le florilège de StefTransPd, j’intercale ici un propos signé du même B. Cordier, la même année – témoignant d’une brillante intelligence rigoureusement synchrétique entre le binarisme catho (l’esprit et le corps) et le positivisme organiciste, ultra-matérialiste et borné du scientisme,  voici juste l’introït (d’autres participants au texte ont dit moins d’âneries. Mais ils sont moins célèbres) :

Troubles d’identité du genre
Le transsexualisme n’est pas un problème de sexualité mais un problème d’identité. (passons : les mots transidentités, transgenres étaient trop modernes, à l’époque, Chiland venait tout juste de les apprendre, Cf plus haut) C’est un état pathologique : on ne choisit pas d’être transsexuel, cela s’impose à une personne qui, bien que présentant des caractères sexuels biologiques et morphologiques normaux, (critère absolu de la vérité : vous êtes votre corps, or il est bien normal = c’est dans votre tête que ça cloche) se sent appartenir à l’autre sexe. Dans cette discordance entre psyché et soma, c’est la psyché qui est anormale (paf, d’autorité, péremptoire, et définif : le style c’est l’homme, et hop : belote)  le transsexualisme est donc une maladie mentale (…rebelote) et l’intervention du psychiatre est indispensable à l’établissement du diagnostic (et dix de der)

(Notons le glissement : de « a-normal » (simple rareté statistique) à « maladie mentale » (affection d’une personne n’ayant pas toute sa raison) le chemin simple et sans mystère, c’est : « donc ». Ça s’appelle un sophisme, les enfants, saurez-vous le démonter sans vous salir les doigts ?)

(Tiens, en passant, au sujet de : la norme = la raison … )

Zapping complet sur TOUTES les autres hypothèses : (une singularité psychosomatique, ou génétique, ou embryologique, ou neurologique encore inobservables, quant à l’hypothèse d’un simple caractère humain un peu rare (comme être gaucher-e ou génial-e, par exemple) et que ce soit l’inaccessibilité calculée des soins qui pourrisse la vie mentale des trans’ en leur collant parfois une névrose de tous les diables, elle restera hors-champ .

L’hypothèse également que l’on risque de bouziller complètement une personnalité en la laissant dans sa misère ou en essayant de la forcer à « être autre chose »  (j’ai testé, Monsieur,  je sais de quoi je parle), ne sera pas survolée non plus : on n’opère qu’au titre des soins palliatifs, uniquement parce que le reste (= nous convaincre d’assumer le placard à vie) a échoué,  prends ça dans ta face.

Et soit dit au passage, il est rarissime que le « diagnostic de transsexualisme » soit posé de l’extérieur : il s’agit pour ainsi dire toujours d’un auto-diagnostic, et « l’intervention du psychiatre », dans le meilleur des cas, n’en est que la confirmation intuitive, et strictement rien d’autre. Usurpateur !

Mais il faut bien annoncer la couleur, pour enfermer le sujet dans la boîte « maladie mentale ». Les avantages de cette brutalité intellectuelle  ont fait leurs preuves  car ce que Françoise Sironi appelle la maltraitance théorique est chose on ne peut plus pratique, en fait : maintien granitique de l’autorité du « médecin », (jusqu’au tribunal …) disqualification du sujet par affirmation péremptoire de délire (à titre indicatif, je rappelle qu’en France, devant un tribunal, notre parole d’honneur que nous sommes trans’ et entendons vivre ainsi de façon continue ne vaut strictement RIEN sur le plan légal. L’affirmation d’un expert en revanche a valeur de PREUVE). On est bien calé, les fesses dans son doctorat, la CNAM vous salue bien bas, les TGI recevront vos rapports pleins d’expertise avec le tapis rouge, tout baigne. (A l’heure ou j’écris, le monsieur est toujours en exercice, oui) 
/!\ Détail pittoresque : ce monsieur, qui rêvait tout haut de Prix Nobel à la télévision dans les années 70, (forcé d’admettre son ignorance du sujet …) est intervenu il y a quelques semaines dans une émission de France-Inter en disant que « non, non, le « transsexualisme » n’est pas une maladie mentale, voyons » On se surprend à espérer la suite de ce bel aggiornemento, et on n’entend qu’un retournement de veste, une formule de comm. mollement consentie à l’ambiance enragée qui a gagné les milieux trans’ depuis qu’on a commencé à relever le nez de la merde où nous tiennent ces gens depuis 45 ans … Dommage … /!\

*

(Je reprends le cours de la collection de StefTransPd) :

Czermak, Marcel (psychiatre, Saint-Anne):

« On aurait tort de ne pas vouloir parfois se distraire. Une expertise de transsexuel demandant le changement d’état-civil nous en donne l’occasion lors de la lecture du jugement de l’affaire pour laquelle nous avions été commis. » Mouarf, qu’est-ce qu’on rigole, hein, Marcel, ton copain R****  ne dira sûrement pas autre chose.
(Et mes fesses ? Tu les aimes, mes fesses ?)

Marcel Czermak, Journal français de Psychiatrie, n° 8, 1999

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Danet, François (psychiatre):

« Un autre soi-même dont personne ne voudrait dans sa propre famille. » Pire qu’un bougnoule, un nègre, ou un pédé, beuark, pas de ça chez nous, hein, camarades

François Danet et Jean-Marc Elchardus (professeur des universités), Le transsexualisme, un suicide généalogique, Forensic, 2001

*

Daverio, Jean-Paul (chirurgien):

« Le transsexualisme est une affection rare qui génère un désarroi existentiel majeur et pose des problèmes médicaux, juridiques, éthiques et sociaux complexes.  Ah nan, erratum, ça c’est la définition de la transphobie, affection très fréquente au contraire …La définition de ce trouble est purement clinique (Ah ah, je viens juste de réaliser : t’aurais pas un peu copié sur ton petit camarade, Cf Gallarda-1997  un peu plus loin ?) et on ne connaît pas son étiologie de façon certaine mais sa présentation suggère fortement des troubles précoces au niveau des déterminants sexuels hormono-cérébraux, responsables de l’identité sexuelle. (Donc zéro rapport avec une maladie mentale, là, ou bien j’ai raté un épisode ?) Le traitement proposé est plus palliatif que curatif ». Là encore, qu’est-ce que tu en sais ? Qui d’autre que nous peut en parler, de l’efficience réelle des traitements, j’entends : du degré de réalisation (accomplissement) que nous éprouvons et qui vole peut-être un peu au-dessus de la pauvre consolation (soins palliatifs ! … ) qui borne l’horizon angoissé de votre imagination ?

Dites, chirurgien, vous méprisez donc à ce point votre propre discipline ?

Jean-Paul Daverio, Médecine et hygiène, n° 2370, Genève, 2001
(en collaboration avec Juliette Buffat & B. Rüedi)

*

De Cuypere, Griet, (psychiatre):

« 120 patients recherchant un traitement chirurgical de changement de sexe (SRS) dans notre clinique ont été évalués en considérant leur symptomatologie transsexuelle aussi bien que leur psychopathologie. La comorbidité de psychoses ou de trouble de la personnalité borderline d’une part et le transsexualisme d’autre part est commune, causant une difficulté dans le processus de prise de décision pour le clinicien. » Blablablabla, en français : tu es infoutu de poser un diagnostic, comme tout le monde (et pour cause …) no comment …
G. De Cuypere, Trouble de l’identité de genre et comorbidité psychiatrique, in site de l’AAPEL
(en collaboration avec C. James)
À signaler : Griet De Cuypere travaille, aux côtés du professeur Monstrey, au Département de psychiatrie de l’hôpital de Gand. Elle est responsable de la H.B.I.G.D.A…

*

Fouque, Antoinette, psychanalyste:

« Il y a deux sexes ( Il y a d’un côté ceux qui ont par essence peur de « le » perdre, et de l’autre celles qui regrettent par essence de ne pas « en » avoir. Point. Les inters N’EXISTENT PAS. Re-point) […] même les transsexuels ne changent pas de sexe, ils perdent les deux. » Antoinette, tu es « une pucelle en train de nous expliquer le Kama-Sutra ». Tu ne t’imagines quand-même pas qu’on va baver dans ton méchant cabinet, sur les merveilles que nous découvrons jour après jour, années après années, à recouvrer en plénitude notre humanité (si si, avec du sexe, même) sur laquelle  toi et tes amis lacancancaniens crachez si joyeusement, sans en deviner jamais JAMAIS ne serait-ce que l’aurore ?  (Je n’ose imaginer qu’une très inavouable dimension de jalousie, aussi féroce que refoulée, face à nos réussites sans équivalent dans la psychanalyse puisse être repérable à la racine de vos fantasmes les plus terrorifiants) …

Antoinette Fouque, fondatrice du groupe essentialiste (je me disais, aussi …)« Psych et Po », ex-députée européenne, psychanalyste
(citée par Catherine David, psychanaliste, Le Nouvel Observateur n° 2231, août 2007)

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Gallarda, Thierry (psychiatre, Sainte-Anne, Paris)

« Le transsexualisme est une affection rare (1 cas sur 50 à 100 000), mais qui génère un désarroi existentiel majeur et pose des problèmes médicaux, juridiques, éthiques et sociaux complexes. La définition du trouble est purement clinique. »

La « clinique », c’est chic : en français , cela veut dire qu’en matière de prétention scientifique, on n’a strictement RIEN que les témoignages des psys racontant ce qu’ils ont fantasmé ou cru voir entre quatre z’yeux dans leur cabinet. Là, nos paroles s’envolent, vos écrits restent (ainsi que le petit pécule de l’éditeur acquis par vous sur le dos gratuit de nos confessions obligatoires … )

Thierry Gallarda, Le syndrome de transsexualisme : aspects cliniques et perspectives thérapeutiques, in Encéphale, septembre-octobre 1997
(en collaboration avec I. Amado, S. Coussinoux, M.-F. Poirier, B. Cordier, J.-P. Olié)

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Lacan, Jacques (psychiatre, psychanalyste)

« Vous faire opérer, c’est quoi ? C’est essentiellement vous faire couper la queue. » NON, on peut se faire faire un trou, en même temps, c’est génital ! Mais d’un paranoïaque freudien (et catho) pur jus qu’espérer de mieux pour notre cul que  des saillies de ce type ?

(Le Phallus le Phallus le Phallus le Phallus le Phallus le Phallus le Phallus le Phallus (sempre simile e ostinato). Qu’est-ce donc qui distingue ce monsieur d’un petit merdeux qui gribouille des bites dans les toilettes publiques ? (Réponse : il les fait avec la langue)

Jacques Lacan, Consultation publique, 21 février 1976

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Mercader, Patricia (psychologue, maître de conférences)

« Alors que je rencontrais des femmes en demande de “ changement de sexe ”, et par conséquent d’abord d’une mammectomie, je me suis aperçue un soir que depuis quelque temps je m’endormais les mains posées sur la poitrine, comme pour la protéger. » Patricia, t’aurais pas envie de partir en courant si un chirurgien qui doit te faire un double pontage te racontait qu’il a horreur de la vue du sang ? Ça confine à l’ordure d’oser nous étaler à la face ton contre-transfert minable, après une pareille explosion du baromètre de Peter… Tu as CHANGÉ DE MÉTIER, depuis, rassure-nous, au moins par charité chrétienne, quoi … Que tu te fasses du mal, on s’en fout, mais pourquoi tu partages ? Heureusement, dans le même opus tu as trouvé la solution qui sauve ta peau en clouant l’injure dans la nôtre : « il suffit de considérer les transsexuels dans leur sexe biologique, comme tout le monde en somme, sans se convertir à ce que j’ai nommé plus haut leur hérésie » « IL SUFFIT ! », en effet, te voilà confessée, amen, et tu laisses ces allumettes, merci.

Patricia Mercader, Illusion transsexuelle, 1994

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Pénochet, Jean-Claude (psychiatre, Polyclinique de Psychiatrie, Montpellier)

« Cependant lorsque le vrai transsexuel se prostitue, c’est la plupart du temps afin de réunir les sommes nécessaires à sa transformation. Le transsexualisme, ainsi lié au désir et à l’argent, est en effet une pathologie mentale rare qui relève de la psychiatrie. »

Tandis que lorsque un expert demande 400 balles à une MtF à poil dans son cabinet pour lui fourrer les doigts dans le vagin sur ordre d’un juge, l’expertise ainsi liée à la cupidité est en effet une pratique sordide qui, à rebours du tapin,  n’a pas l’excuse du désespoir.

« Les transfuges du corps demeurent absents au plaisir dans un corps comme dans l’autre. » Ignare. IGNARE !!! T’ont vraiment dit ça, tes patient-es ? La surdité fait de ces ravages  …

Jean-Claude Pénochet, Les transfuges du corps, in Site de l’AIHUS (Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie, Montpellier 1 et Marseille)
en collaboration avec S. Chrisment
À signaler : Jean-Claude Pénochet est Secrétaire Général du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux…

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Périn, Jean (psychanalyste, juriste)

« Saint-Thomas pensait que nous n’étions qu’usufruitiers de notre corps, Dieu en étant propriétaire. Dans cette conception, la jouissance sexuelle est du côté humain. Le transsexuel qui veut se rendre maître de son statut, aboutit à ce que la jouissance soit du côté de Dieu c’est-à-dire de l’Autre. Il confusionne deux places (l’usufruitier et le propriètaire), dont Saint-Thomas avait marqué la division. » Foutre-dieu ! Qu’est-ce que cette théologie de bazar vient faire dans la recherche ? Merde, ce prêche n’a même pas 20 ans, quoi !

Jean Périn, Le transsexuel dans tous ses états : le fabuleux jeu de mot du substitut Fabre, 1996, cité par Thierry Gallarda (psychiatre à Paris) dans Le syndrome de transsexualisme in Séminaire de psychiatrie biologique, hôpital Sainte-Anne, Tome 30 Au fait n’est-ce pas à Ste Anne, sauf erreur, qu’on pratiquait encore des électrochocs sur des trans’, au début de CE siècle ?

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Safouan, Mustapha (psychanalyste)

« absence dynamique, vivante et “ tantalisante ” au plus haut point. On a toute raison de penser que, très probablement, ces hommes non seulement laissent leurs femmes “ efféminer ” leurs fils à leur guise, mais qu’ils poussent fort subtilement ces derniers sur le chemin du retour au giron maternel. »

On est en 73 (20 ans après le bouquin de Benjamin, bref), et là s’élabore la vieille manie psychanalytique -qui aura la peau très dure- de foutre « ça » sur le dos de papa-maman. On aura la suite chez Stoller dans les années 80) : problème : pour 1 cas d’école qui semble fonctionner, 50 contre-exemples … Caramba, encore raté …

Mustapha Safouan, Contribution à la psychanalyse du transsexualisme in Silicet n° 4, Le Seuil, 1973, page 139

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Spielmann, Claude (psychanalyste, membre du Cercle Freudien)

« Il s’agira ici de parler des hommes aspirant à devenir transsexuels, ??? désolée, mais des « hommes aspirant à devenir transsexuels » … ben … ça n’existe pas. Ou apprenez à parler, c’est à dire ceux dont toute la vie est tendue vers une opération et une rectification de leurs papiers d’identité. Je propose d’y voir l’effet d’ une organisation psychotique qui les conduit non pas à changer de sexe mais à se mettre hors sexe.»

Se mettre « hors sexe » est surtout un classique fameux de la mystique chrétienne : je te propose d’essayer la psychanalyse de moines ou de nonnes, pour étoffer ton répertoire de psychoses organisées.

Claude Spiemann, À propos du transsexualisme. Quelles questions ? Quelles réponses ? Conférence du GÉPI (Groupe d’Études Psychanalytiques interdisciplinaires) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), le 5 juin 2002

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Waynberg, Jacques (médecin légiste, expert-consultant auprès de l’OMS, hôpital Saint-Louis, Paris)

« Aux prouesses des chirurgiens et à la récente compassion des juges,  s’oppose l’analyse des psychiatres qui désapprouvent leur espoir de “retoucher” aux fondations inconscientes de l’identité. En effet, ces processus de “ sexuation ” ne sont invalidés à ce point que dans les délires de la psychose*, ce qui fait supposer que le “transsexualiste” est un psychotique qui s’ignore, (ce qu’avait bien compris Mr Knock, le docteurologue) au sein d’un corps social qui le légitime » (le peuple est con, en somme : s’il savait, il nous cracherait beaucoup mieux dessus … ) .

Alors écoute, légiste, (et c’est valable pour les autres) :

Tant qu’on se trouve enfermée-s dans nos placards, nous sommes OBLIGÉ-ES de développer de véritables névroses « immunitaires » +/- sévères pour refouler/procrastiner la résolution de la seule question soluble : changer ou en finir, et ce d’autant que la brulatité du corps médical « spécialisé »  n’a qu’à peine baissé la garde depuis fort longtemps, servant par nombre de ses ecrits une propagande effrenée pour notre stigmatisation (ce qui fait supposer que vous êtes des imbéciles qui s’ignorent).

Quand la question parvient enfin, brute, à la conscience, toutes les forces de la vie parlent en  faveur du choix de la vie, justement, là commence la résolution du problème (le nôtre), non pas son « atténuation », encore moins la morne résignation à des soins « palliatifs » mutilants (votre fonds de commerce), mais la détermination rationnelle à la métamorphose, où notre combativité est au plus haut, puisqu’il est clairement question au sens fort de sauver sa vie.

En ce sens, il y a bien dans l’hormono-chirurgie une guérison, c’est à dire une réduction drastique voire une complète abolition de la morbidité, en d’autres termes il y a dissolution de cette névrose immutaire dans le passage à l’acte.

Je sais, c’est vexant, mais même avec lavage de cerveau, (puisque vous avez amplement essayé … ) une telle efficacité est inconnue, en psychiatrie, comme en psychanalyse, qu’elle soit mielleuse ou musclée, ce qui vide votre discipline de pertinence à l’endroit de la transidentité elle-même. Reconnaissez-le, au lieu de rabaisser les endocrinos et les chirurgiens au rang d’exécutants de votre charité dépitée : eux sont nos médecins, pas vous.

Je tiens d’un expert psychiatre réputé ET non transphobe (je, soussignée, atteste avoir croisé des cas) qu’en vingt ans de suivis trans’, il n’a jamais vu un seul cas de psychose à thématique transsexuelle délirante. En nous forçant à passer sous les fourches caudines de 2 ans de surveillance psy obligatoire, et en vous réservant l’autorité absolue du « diagnostic », vous nous vendez un simulacre de principe de précaution « éthique » dont la finalité, (en dehors de l’auto-justification péteuse auprès des collègues qui vous méprisent) est d’abord l’asservissement, le filtrage drastique, et la réduction au silence par un véritable terrorisme intellectuel de toute la population concernée, en complète osmose idéologique avec le régime d’exception qui est le notre en matière d’état civil en France.

Vous – médecins à la ville, mais sur le fond nos contempteurs les plus féroces – n’avez JAMAIS rien fait d’autre que tenter d’abattre notre combativité (à minima par l’usure et l’épuisement) et toutes vos théories sont focalisées sur la justification de cette pratique : nos transitions sont pour vous des échecs, et nos abandons des succès (et qu’importe si ça finit à la morgue, vous ferez un rapport, voilà tout), boulot de flics, boulot de garde-chiourmes, boulot de docteurs de la loi, boulot de dératiseurs …

C’est d’autant plus minable que dès les années 70/80 vous aviez TOUTES les cartes en mains pour faire en sorte que la société devienne accueillante pour nous : l’autorité médicale, les preuves des réussites de celles qui y parvenaient effectivement, la virginité du public face à ces questions, RIEN n’empêchait de proposer, sinon l’émerveillement (pourtant …. si vous saviez …!), au moins une curiosité polie, la simple « hospitalité » humaine, ça suffisait, le reste aurait suivi facile …

Non, vous avez massivement préféré pousser des cris d’orfraies au nom d’une morale moisie qui est devenue, avec les incantations des psychanalystes une doctrine officielle incapable d’évoluer, et dont les intentions eugénistes sont désormais affichées sans complexe.

Pour ce faire, votre usine à gaz conceptuelle est sensiblement toujours la même, diversement jargonnant selon le public que vous comptez épater.

En voici la structure-type, avec un exemple MtF :

« – Voici un homme (c’est ABSOLUMENT un homme, puisque C’EST un corps  d’homme) qui dit être une femme dans sa tête.
1) Donc IL est fou. (je schématise, là, on dira plutôt « psychotique » ça fait mieux savant, d’autant qu’ absolument personne ne sait ce que ça veut dire, surtout ici, mais tout le monde entend que c’est grave et affreux. « Pervers », on n’ose plus trop, de nos jours, en public, ça fait insulte, et vous n’êtes pas comme ça, hein …)
2) Il faut bien deux ans pour voir si son délire évolue.
3) Puis on se résigne à le considérer comme incurable.
4) On l’hormone, puis on le « mutile-mais-c’est-éthique » (c’est au titre de soins palliatifs, un « protocole compassionnel », en somme, c’est curieux comme, dans nombre de vos discussions « éthiques », le mot « mutilation » revient à tout bout de champ, le mot « reconstruction » presque jamais. On retrouve l’écho caricatural de ce fait dans la circulaire CIV/07/10 concernant nos changements d’état civil, qui commence par évoquer la reconstruction sexuelle, pour ne plus parler ensuite que d« ‘ablation des organes génitaux », explicitement exigible en tant que telle à volonté par les juges ) après quoi
5) IL passe le restant de sa vie à simuler à la perfection le « rôle » d’une femme saine d’esprit qui se dit soulagée.

6) MAIS comme c’est « impensable » (hein, Pierre-Henri …), que c’est une « illusion » (pas vrai, Patricia ?), une « réponse folle à une demande folle » (coucou, Colette, c’est encore nous …) eh bien, nous dirons qu’IL est fou quand-même, pour toujours, bien caché de surcroît grâce au laxisme à la bienveillance des tribunaux. »

La tronche du paradigme … 

Avouez-le que vous n’avez RIEN D’AUTRE dans votre besace …

Sauf quand on se rebiffe, car là, chassez le naturel… votre idéologie de fond remonte à la surface, et foin de l’éthique, les injures racistes commencent à pleuvoir, nous attentons (les mots sont importants …) à la Civilisation, au Symbolique, à l’Humanité, au vrai sexe vrai, à la Différence, à nos enfants, à la Nature, à la volonté de Dieu, etc

Vos acharnements à parler de « soins palliatifs » signent la volonté de nous conserver indéfiniment dans le formol de la pathologie mentale incurable, c’est ainsi que vous FABRIQUEZ de l’aliénation, haineux jusqu’à nier ad vitam æternam nos réussites,  qui ne vous doivent bien évidemment rien .

Nous sommes un exemple magistral d’insanité de la docrine psychanalytique, son INCONSCIENT le sait et ne nous passera rien, c’est son conatus qu’elle joue contre le nôtre.

Tandis que, le plus souvent, nous ne parlons qu’après de nombreuses années de tentatives torturantes de normalisation, de remises en question personnelles et de recherches, vous vous programmez mutuellement  pour blinder à mort vos défenses et vous ÉVITER la reconnaissance de ce travail : elle risquerait bien trop de remettre en cause le petit pouvoir vicelard de distribuer au compte-gouttes les « certificats de souffrance » qui justifient votre présence parasitaire dans le circuit.

C’est pourquoi vous fonctionnez toujours avec nous comme des maquignons, en fait, nous déniant la Raison – sauf perverse, naturellement – nous resterons des « hors-sujets » sans âme, sans sexe, sans valeur, en somme, une sous-espèce dont il s’agit d’endiguer la prolifération, et vous garderez vos collections de cas comme de besogneux taxinomistes d’un autre âge.

Devant notre fabuleux adieu au suicide – dont l’ombre, dernier espoir du desespéré, a hypothéqué nos vies parfois pendant des décennies – libre à vous de ne lire qu’une nième pathologie narcissique, ou n’importe quel autre de vos concepts shadockesques, on s’en fout, d’ailleurs, vous en avez pondu pléthore dont la traduction en français revient presque toujours à des raisonnements de piliers de bistrot  (ah, la « boussole du sexe » affolée de Chiland … !) qui en disent long sur votre respect de la vie ; nos transitions sont le parfait contraire d’un reflexe psychotique d’auto-destruction. C’est comme ça.

Supposez donc à votre aise, zélés masturbateurs de doctrines : la réalité n’y est décidément pas conforme, mais vous avez toujours du « logos » à inventer pour lui donner tort et continuer de monter la garde sur l’inépuisable filière des Symboles, de la  Civilisation et de la Science  qu’exploitent -avec la bénédiction de la Faculté- vos torchons racistes, irresponsables et incultes.

Mais qui vous lit encore ?

C’est vous qui passerez, nous serons toujours là.

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Une qui récalcitre en beauté (et, foutre, comme ça fait du bien après le ramassis ci-dessus), c’est Françoise Sironi dont je vous souhaite ici  une heureuse lecture (avec son aimable autorisation :-) )

Extrait : « L’analyse des théories et des pratiques cliniques élaborées par des « psy » (psychiatres, psychologues, psychanalystes) a montré à quel point elles étaient littéralement infestées d’éléments contre-transférentiels destructeurs à la fois pour la pensée et pour les patients. [ … ] Les contre-transferts haineux des praticiens du soin peuvent devenir de vraies prisons mentales pour leurs « patients » transsexuels ou transgenres. Cet enfermement « hors les murs » produit à la fois par l’incompréhension familiale, sociale et médicale peut conduire au suicide. […]  – Françoise Sironi (2009) 

Nous parlons bien de la même chose.  Merci, Madame :-)

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2 réflexions au sujet de « Petit Enfer Portatif »

  1. waouw merci pour ton blog j adore c est plein d’infos !
    oui je te remercie aussi clair nous sommes sur la mème longueur d ondes ..tu es où ?
    et bon, heureusement nous ne sommes pas que deux sur cette longueur d onde !

    abrazos
    Stef
    impossible de répondre au mail que tu m’as envoyé donc je te réponds ici

  2. Salut, Stef, je suis contente de t’avoir retrouvé, ton post d’origine est pas tout récent, les pseudos, des fois c’est éphémère … Merci, tu as vu mes oeuvres, à toi de faire de la pub, pour l’info, justement
    (le reste en MP … )
    ;-)

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