La Foudre et le Limaçon

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LA FOUDRE ET LE LIMAÇON

À Claude (vrooom …)

Je veux faire une communication
A l’assemblée des savants
Il me faut un brin d’attention
J’ai découvert un truc fumant

N’ayant pas l’âme d’un estivant
Je sors volontiers quand il pleut
Qu’un orage soit de la partie
C’est l’idéal je me sens mieux

Voici la chose. Notez bien
Les conditions de l’expérience :
J’ai arpenté dans tous les sens
Les champs et les forêts du coin

Le fait est que les limaçons
Ont un usage un peu voisin
Celui de vadrouiller joyeux
Quand le tonnerre est fou furieux

Mais une étude rigoureuse
M’amène en trente ans de pratique
A une observation curieuse
Infaisable à Polytechnique

Car j’ai cherché sur tous les modes
Explorant le moindre taillis
La trace d’un gastéropode
Qu’un coup de foudre aurait rôti

Or quelle que soit la force brusque
Des déchaînements électriques
Nulle combustion de mollusque
Ou en tout cas point de relique

Ils sont lents et hermaphrodites
Leurs passions doivent être molles
Donc ils s’enflammeraient moins vite
Quand le feu du ciel dégringole

A expliquer c’est impossible
Mais aux courts-circuits de la nature
Aucune de ces créatures
Jamais n’a servi de fusible

Techniquement c’est un mystère
De quoi sont dotées les limaces
Au delà de 500 ampères
Qu’est-ce qui les relie à la masse ?

Simulateurs invertébrés
Dont la flemme nous embobine
C’est peut-être à la course à pied
Qu’ils échappent aux colères divines

Est-ce la foudre qui lambine
Ou la limace qui ramone ?
J’hésite entre ces deux doctrines
Qu’en pense-t-on à la Sorbonne ?

A moins qu’il y ait entre les deux
C’est l’hypothèse que je préfère
Un peu de l’harmonie complice
Qui manque à tant de mammifères.

 

© Sacem – 2002