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Merci

Bonjour,

je suis l’hébergeur des Quartiers de Phlune, Anne-Lise était une amie et j’écris ce billet comme bien pauvre moyen de vous annoncer la fermeture prochaine de son site. Le 25 Avril les routeurs du net cesseront de le relayer et votre butineur annoncera platement une erreur de requête. Je n’ai pas trouvé de solution plus élégante à sa mémoire que de laisser le cours des choses s’écouler ainsi, merci de votre bienveillante compréhension.

Je laisse les commentaires ouverts jusqu’à cette date et vous adresse mes pensées fraternelles.

Patrick

Yagg rame, patchons sa phynance !

Toute la presse libre (et non faussée) tire la langue depuis un bon moment déjà, aujourd’hui je relaie juste l’appel de Yagg, -lancé en Juin- qui a besoin de sous.

Comme moi, quoi. C’est ce que je lui ai dit, mais on m’a fait remarquer que 2,90€ par mois, c’était jouable, même pauvre. Je l’ai bouclée, sur ce coup-là, ça faisait petipetipetit de pleurnicher sur une telle somme, et je n’étais pas à la rue au point d’insister, enfin bref, j’ai contribué, et je t’invite à le faire itou.

Yagg est un site mainstream pour nous autres TLBG (oui, dans cet ordre, je t’ai déjà expliqué, c’est un caprice), mainstream, ça veut dire non marginal, pas forcément révolutionnaire, mais potentiellement fédérateur, bourré d’infos (donc entres autres celles-qu’il-nous-faut-vraiment-mais-qu’on-trouve-rarement-ailleurs) et même si je ne sentais pas auparavant qu’il m’aidait à me tenir au chaud, ben  l’idée qu’il puisse disparaitre me refroidit. Donc non.

Voilà l’affaire, en gros. La page d’abonnements de Yagg te dira comment il faut faire.

:-)

 

 

 

Mais qui hait Charlie ?

L’article précédent a été publié 2 jours avant la tuerie qui a couté la vie à 12 personnes dans les locaux de Charlie-Hebdo.

Il semble n’avoir aucun lien avec cette catastrophe, mais j’ai pensé que son titre pouvait sonner bizarre en ces jours de consternation. A la reflexion, je ne le modifierai pas, parce qu’il y a bien, même si c’est loin, un rapport : les religions ont TOUJOURS servi, et elles continuent de le faire, de pretexte ou de couverture aux pulsions sadiques ou nihilistes, qu’elles soient personnelles ou grégaires.

Que ce soit dans une famille bon chic bon genre de l’Ohio qui pousse   son enfant trans’ sous un camion, parce que « Dieu ne se trompe jamais », ou qu’il s’agisse de s’attaquer directement à coups de fusil  à un canard irrévérencieux. De gauche. D’ailleurs on n’a pas attaqué n’importe quel journal : Charlie conchiait la connerie intégriste, fumier des religions, mais on n’a pas visé d’autres boutiques franchement ou sournoisement racistes qui font régulièrement leurs unes crapoteuses sur l’Islam supposé empoisonner le pays, comme jadis les sorcières, les puits …  C’est un journal à la liberté d’expression réelle, certainement pas cornaqué à la trique par les intérêts de marchands de canons, ou de quelque milliardaire …

C’est donc bien un des rares représentants d’une presse vraiment libre qui a été choisi.

Et c’est bien l’humour, donc l’esprit qui est visé. Qu’on cesse de nous promener avec le choc des civilisations, ces deux affaires si éloignées ne sont même pas religieuses, en réalité : elles disent l’état actuel du niveau de performance de la barbarie à étiquette culturelle. Il faut arrêter de raconter que c’est de la religion, ou bien reconnaître que ce mot n’est que le paravent d’une volonté totalitaire de faire taire le meilleur de la liberté d’expression, à savoir être soi-même, qu’il s’agisse du genre, ou de la pratique de la dérision, de l’humour, l’intelligence, qui ne sont rien sans l’esprit critique.

Je gage que l’on va entendre de drôles de chansons les prochains jours, entre les charognards opportunistes toujours à l’affût des feux de l’actualité (de Zemmour à Houellebecq en passant par Sarkozy, Le Pen et compagnie), pourtant, il ne tient qu’à nous de sortir du coma rabougri de nos égoïsmes apeurés, de réaliser qu’il y a quelque chose de précieux et de fragile à préserver, vivant et assassinable, que peut être remis en question ce nous avons cru acquis, qu’il faut que la société réinvente ses solidarités, dans tous les sens, entre toutes les sortes de gens, et que les forces de crispations mornes des médias qui enferment nos cervelles doivent absolument être neutralisées.

Ça passe par la dénonciation des porcs qui mettent de l’huile sur le feu raciste depuis des decennies en France, comme de ceux qui les bénissent, bleus et rose, noir corbeau ou kaki, et ceux qui en font leurs choux gras pour aller bourrer bientôt les urnes de leur merde.

Et puis surtout ça passe par les retrouvailles avec l’humain polychrome, incompréhensible parfois  mais, semble-t-il, si facile à zigouiller …

Je suis Charlie.

Dessin (87)